Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 17:36

Vous pensiez que la fin du monde serait la fête, que le vendredi 21 décembre en sortant du boulot on s’alcooliserait et s’enverrait en l’air dans la joie et l’allégresse. Pourquoi être triste puisqu’on n’aura pas le choix et qu’on sera tous égaux face au grand éclair blanc. Cette lumière intense qui à minuit nous carbonisera, nous pulvérisera sans douleur. Et bien il fallait être bien naïf pour penser que la colère divine se manifesterait de la sorte, ça serait oublier qu’elle peut être vraiment terrible et que les humains n’ont été franchement dignes de la confiance accordée par le Tout Puissant.

 

Une succession de fait divers vient de donner une piste sur la forme que prendra l’apocalypse : l’autodestruction et le cannibalisme. Rien d’un bal de fin d’année donc.

 

Au Japon, un artiste se disant asexué se fait retirer tout le matos, pénis et testicules. Désirant les servir à manger, il passe une annonce et reçoit 70 convives pour un repas haut standing avec traiteur et tout. Les images sont ici. Oui il n'y a pas grand chose dans l'assiette, mais c'est ça la grande cuisine. Vous remarquerez que c'est très classe, le délicat Hannibal Lecter apprécierait. C'est propre et puis le cannibalisme est légal au Japon, mais le nombre de personnes qui se sont déplacés avides de chair humaine est hallucinant.

 

 

Moins propre, quelques jours après, dans les rues de Montauban un homme ivre mange les deux tiers de l'oreille d'un passant, lire la Dépêche ici. Ivre certes, mais l'alcool n'a toujours fait qu'amplifier les maux qui rongent l'homme en même temps qu'il le désinhibe. La drogue par contre c'est autre chose. Pendant ce temps à Miami, un homme nu dévore le visage d'un SDF, la police intervient mais n'a comme réponse que des grognements menaçants alors elle l'abat. Vraiment flippant, on est en plein film d'horreur. Voir le Parisien ici. Dans le New Jersey, un forcené se retranche chez lui et se tranche dans le vif. Au couteau, il s'ouvre le ventre et jette des bouts d'intestins sur les flics venus en vain le raisonner. Cette fois ci, c'est le Monde qui témoigne ici.

 

Alors ? Quels enseignements tirer de ces faits divers sanglants, de ces comportements violemment inhumains ? La fin du monde sera plus douloureuse que prévue. Dieu voue à l'autodestruction les vaniteux et les avares, au cannibalisme les envieux et autres jaloux. Et on ne sait pas encore quel sort il réserve aux autres pêcheurs. Le mal va se répandre jusqu'à l'extinction de l'humanité le 21 décembre à minuit. Si vous vous estimez sain d'esprit et propre de tout pêché capital, que ça ne vous fait pas peur de vivre dans la peur et la misère, alors il ne vous reste qu'à vous remater tout le cinéma post-apocalyptique, du chef d'oeuvre La Nuit des Morts Vivants au miséreux La Route en passant par les pénibles Walking Dead pour savoir comment survivre en territoire hostile. Je vous souhaite bien du courage. BANG!BANG! avec le melon qu'il a, devrait exploser dans les prochains jours !  

 

Par bangbangblog
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 18:49

Dans quelques années, le cas Ty Segall pourrait fédérer des passions aussi peu en rapport que la musique, la généalogie et la spéléologie. Sauf si dans quelques années, seule la musique d'ascenseur subsiste. Encore tout jeune, le blondinet a déjà sorti une multitude d'albums ou de 45 tours solo ou avec ses 4 ou 5 groupes ou avec des potes sortis de je ne sais où. Et jamais sur le même label évidemment. Des pochettes dégueulasses, un garage touchant ou furieux mais toujours cracra, un goût pour l’artisanat aux moyens limités donc, voilà ce qui fait naître le culte Ty Segall dans le milieu indie. Sur cette dernière livraison nommée Hair, à moins qu'une nouvelle se soit déjà intercalée, il fait équipe avec White Fence, un huluberlu de son espèce, mais plus versé dans la pop psyché jadis chère à ce bon Syd Barrett. Et le mélange marche, il se fait souvent dans le même morceau comme l’initial Time ou plus encore The Black Glove / Rag qui plane au doux pays des rêves avant de se faire violemment rattraper par la réalité. Les deux qui n’ont rien de futurs vainqueurs de The Voice se partagent le micro et enchaînent les pépites du genre. I'm not a Game déploie une énergie formidable, puis on retombe au fond du fauteuil vaguement embrumé jusqu'à ce qu'un rockab' débile viennent nous secouer. Et il en est ainsi jusqu'à la fin. Alors vous direz que ça a l'air d'un sacré bordel cette affaire, mais c'est ça qui est bon ! Hair ferait gerber l'ingénieur du son de Madonna, on dirait qu'il a été enregistré dans un garage entre la tondeuse et les poubelles, mais d'où le nom, et on a déjà entendu pire ! Non, cette collaboration est le parfait exemple de la géniale imperfection des génies du garage, de la lo-fi ou comme vous voulez, c'est sale, c'est bruyant, c'est rien de neuf, mais c'est fait avec tellement de d'enthousiasme et de coeur qu'on ne peut que leur rendre.

 

 

Ecouter Hair sur Grooveshark , lire sur PlanetGong.

 


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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 18:30

Cette saleté qu'est le cancer a récemment emporté trois personnages du paysage musical mondial. Des personnages qui eurent jadis plus de rayonnement que ces dernières années mais ce n'est pas une raison. Le 4 mai, Adam Yauch aka MCA des Beastie Boys qui mettaient votre salle à manger sans dessus dessous dans les années 80. Le 17 mai, Donna Summer, la Disco Queen qui chantait Hot Stuff en 1979. Enfin, le 20 mai, Robin Gibb, membre des mythiques Bee Gees qui avait survécu à tant de fièvres du samedi soir (AHAH). Enfin non. J'ai consulté pour vous une gitane andalouse, voyante de profession. Elle m'a dit que BANG!BANG! allait dépasser les dix visiteurs par jour d'ici 2-3 ans. Elle m'a aussi dit que l'hécatombe n'était pas terminée pour ce mai pluvieux. Par contre, plus de longues maladies à déplorer.

 

- Jeudi 24 Mai : Il nous semble que Iggy Pop tient une forme éclatante. Mais vous l'avez bien vu danser complètement hagard ? Il a son bassin qui se déboîte et se remboîte à chaque mouvement, et il en est de même pour la plupart de ses articulations usées par la vie d'artiste. En fait, après chaque concert, il passe au massage puis entre les mains d'un kiné chinois qui le redresse os par os et puis on met dans un caison rempli de formol jusqu'au prochain concert, il n' y a que ça qui le maintienne en vie. Hélàs, ce jeudi lors d'un festival dans la campagne suédoise où les Stooges partageaient l'affiche avec Motörhead, un roadie novice le plonge dans la citerne de Jack Daniel's de Lemmy Kilmister. On ne le retrouva que quelques jours plus tard mort d'un coma éthylique à 65 ans. Il n'était pas humainement possible de boire autant de whisky et ce pauvre Iggy, contrairement à Lemmy, était donc humain.

 

                                  Iggy Pop et un couple d'amis 

 

  - Samedi 26 Mai : Michel Tello, belle tronche de Brésilien, musique chaude et tropicale. Il a sorti cet hiver le hit absolu avec Ai se eu te pego et il est décidé à en faire aussi le tube incontesté de l'été 2012 en Europe. Pour ce faire il entame ce soir là une tournée sur le Vieux Continent où il veut faire tourner la tête à cada chica. On est à Barcelone, il fait très beau, le concert est gratuit, les filles sont venues de toute la Catalogne et bien au delà. Il y a en plus déjà énormément de touristes à cette époque de l'année, Anglaises, Allemandes, Hollandaises, Françaises sont là. Il y en a trop, beaucoup trop. Leurs cris stridents crament tout le son, la pression de la foule engloutie la sécurité, broie la scène, Michel Tello, 31 ans, meurt étouffé et déchiqueté par l'hystérie collective.

  

- Dimanche 27 Mai : Il  y a un bout de temps que nous n'avions pas eu de nouvelles de Lorie. Ringardisée par ses liens avec la vieille droite, souvenez vous ses photos avec Bernadette Chirac, Jean Pierre Raffarin reprenant à son compte la "Positive Attitude", elle cherchait à se refaire une image. Elle avait choisi de passer du côté obscur, non pas punkette à la Avril Lavigne, non très dark, cold wave, gothique. Elle voulait couper avec ses fans de la première heure, elle avait changé de pseudo et avait donné rendez vous à quelques initiés dans un cimetière de la capitale pour un concert à minuit. Hélas, personne ne vint, sauf Faudel qui n'ose plus sortir le jour depuis qu'il s'est affiché avec Nicolas Sarkosy. A force de trainer dans les cimetières depuis cinq ans, il se prend pour une créature de la nuit, il a planté ses faux crocs dans le cou de la belle, et laissa Laure Pester, 30 ans, se vider de son sang sur une tombe sans fleur.  

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                                    Lorie (deuxième en partant de la gauche) et la famille Adams 

 

- Mercredi 30 Mai : La dernière tournée de Johnny Halliday s'arrête à Carcassone dans l'Aude. Mais l'idole ne se sent pas bien, vraiment pas bien et Stéphane Delajoux n'est pas disponible. Il faut qu'il consulte, il ne se rappelle plus de la profession de ce dernier à part escroc. Ses conseillers essayent de l'en empêcher, mais il enfourche sa Harley, et grimaçant, une main sur le guidon, l'autre sur les boyaux douleureux, il sillonne les rues de la cité. Puis, il s'arrête devant le panneau Plomberie Lespinasse, il lui semble que c'est ça. Il entre dans l'atelier et lance au pauvre apprenti présent : "Je souffre, opérez-moi sur le champ !" L'ouvrier incrédule refuse, essaie de s'expliquer que voilà, il sait pas, il est pas chirugien. Mais le chanteur lui jette toutes les liasses qu'il a dans les poches alors le bougre se dit que ma foi, il pourrait essayer. Il prend la scie à métaux, la clé de douze, et voilà, ce qui devait finir par arriver arriva, la mort de Johnny, 69 ans.

 

Par bangbangblog
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 11:04

Nous sortions d'un pub de la charmante huitième rue de l'East Village avec une Guiness à prix discount dans le ventre. On est loin du tumulte de Time Square, les immeubles de briques sont bas et les bouibouis de brocantes, souvenirs viennent jusque sous l'allée d'arbres. Il y a aussi des tatoueurs, des petits restos du monde entier, des bars au chics noms français "Jules Bistrot" "Café Mogador" et des disquaires. Et comme les New Yorkais ont sorti les parapluies et que nous en sommes bien démunis, c'est dans cette dernière catégorie de commerce que nous nous réfugions, chez Kim's plus exactement. Là commence un de mes sports favoris, fouiller dans les bacs, de disques en disques, du 45 tours d'occasion au 33 tours neufs, de la soul au punk. Je regarde le Ty Segall & White Fence, petit bijou garage psyché, mais il va m'encombrer pour le retour alors je le repose. Je passe de single et en single et paf. The Black Angels - Watch out boy / I'd rather be lonely. Le single qu'ils avaient sorti pour le Record Store Day et qui n'était jamais arrivé jusqu'en France. Le Record Store Day, si j'ai bien compris, c'était le jour des disquaire donc, et le samedi 21 avril arrivaient dans leurs rayons plein d'inédits sortis exprès. Ce qui engendrait des queues de barbus à chemise à carreaux à l'entrée des magasins, ce qui engendrait des collaborations improbables comme celle de la douce Feist et des pachydermiques Mastodon, c'est Feistodon. Bref, ce jour là, le magasin le plus proche était à 160 km donc c'est pas la peine d'en parler.

 

Alors, une fois rentré à la maison, quand on pose le 45 tours orange sur la platine, on a quoi ? On a des Black Angels un peu comme on les avait laissé sur le dernier EP Phosgene Nightmare, des Black Angels pop. Le 1er titre Watch out boy est trop mou, il avance au ralenti, comme s'il se laissait sombrer dans un océan de coton. I'd rather be lonely est lui beaucoup plus réjouissant, on est en pleine Angleterre sixties, les Black Angels débarrassés de leur poisse psychédélique sonnent très bien aussi. D'ailleurs, il y a un titre offert dans la version numérique, une reprise de She's not there des Zombies qui ne fait que confirmer la chose. Alors, est ce que ce sont les chutes de studio qui sont pop, qu'ils s'amusent à être léger en dehors des albums, ou est ce une nouvelle direction musicale que prennent nos texans ? La réponse au prochain album je ne sais pas quand.

 

 

 

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 20:49

Quand l'amateur de musique va voir un concert à New York, il a plein d'histoires et de légendes qui lui tourne la tête, la ville qui ne dort jamais a toujours été à la pointe, depuis le Velvet Underground jusqu'aux actuels A Place to Bury Strangers. En plus, c'est du culte qui est là ce soir, Spiritualized est anglais certes, mais se situe bien quelque part entre les deux groupes précédemment cités. Me voici donc aux portes du Terminal 5, sur la 56ème rue, pas loin de l'Hudson river. Il fait 40 degrés dans le couloir qui suit le guichet, il est richement doté en lustres de cristal comme j'en avais vu avant qu'à Versailles, je laisse le stand de merchandising sur la droite et rentre dans la salle principale. Elle est chic et sobre, sûrement un ancien entrepôt repeint en noir et blanc, elle me fait penser un peu au Bikini de Toulouse mais en plus grand, il y a au dessus de moi deux étages de balcons, donc au final, on y met du monde là dedans. Au bar la pinte d'Heineken est à 7 balles US, le serveur dit un truc à son collègue d'un air dégoûté, ah merde le pourlich, tiens 1 balle de plus.

 

http://houselist.bowerypresents.com/files/2012/05/1.jpg

 

Passée la folkeuse locale Nikki Lane sur laquelle je n'ai malheureusement rien à dire, Spiritualized rentre en scène, Jason Pierce en dernier, caché derrière une paire de lunettes de soleil. Ils attaquent par Sweet Jane, l'extrait de leur dernier en date album Sweet Heart Sweet Light. Leurs morceaux longs sont souvent les meilleurs, comme le prouve le désolé Headin' from the Top. Ils soufflent le froid par cette voix malade, cette attitude immobile, la violence de ce mur de son et de cet éclairage, et ils soufflent le chaud par ces choeurs soul, Lord let it rain on my quasi gospel, quand le tempo ralenti et s'élève dans les cieux, portait par mille violons transformés ici en un seul clavier. "Ladies and Gentlemen We are Floating in Space" dit la voix off que tout le monde acclame, les deux décennies d'existence de Spiritualized sont résumées dans la setlist ce soir. Honnêtement, je ne les connais pas assez pour pouvoir me livrer à une quelconque analyse mais rarement j'aurais vu un groupe être rappeler sur scène avec autant d'ardeur par le public et encore à la fin de Cop shoot Cop. Le public, d'ailleurs, parlons en, cool, tranquille mais expressif comme le passant lambda de big apple, pas de look forcé, nature, pas de prétention superflue, bref des gens comme toi et moi. Après, faut voir qu'on est dans une grande salle, l'underground, l'avant garde qui fait la légende de la ville n'est pas là, il doit être dans des recoins de Brooklyn ou du Lower East Side. Mais moi je n'en sais rien, je ne suis qu'un simple et heureux touriste ici.


Par bangbangblog - Publié dans : Live
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