Voici la dernière sélection de disques d'une année 2014 qui finalement aura donné de bonnes musiques à nos oreilles. Les disques des Allah-Las et de Baxter Dury sortis cet autimne ont fait l'objet de longs formats repris par Noise Culture et sont donc absent de cet article.
Comme d'hab le lumineux alterne avec le ténébreux, mais on a cette fois plus une sélection de saison, automnale voire hivernale, pas de Comapgnie Créole donc. Clic sur le titre pour le lien deezer.
 
Voilà quelques temps que ce pseudo de lycéenne traînait dans les profondeurs, l'an passé il est passé à Pau chez A Tant Rêver Du Roi sans que la rédaction de BANG!BANG! ne daigne bouger ses fesses. Aujourd'hui Jessica 93 est remontée de quelques strates et c'est tout l'underground friand de choses ténébreuses qui acquiesce de la mèche. On parle d'un gars, car Jessica est un gars, qui pousse le revival coldwave à pauser contre une Citroen Axel sur la pochette de son disque, alors que les Bérus avaient une DS sur Macadam Massacre, une caisse de ministre. Rise est un disque désolé, pas d'émotion, pas de lumière même faible, c'est une alternance de gris et de noir qui rappelle Joy Division et les premiers Cure. Il n'est que son synthétiques déshumanisés, des fois d'une lourdeur industrielle et guitares allant du grungy au black sabbathien. Des influences qui ne se cachent pas, un disque vraiment impressionnant.
Vous avez déjà vu le clip de Asylum dans ces pages, véritable prouesse technique, c'était Semaine 46.
 

 
 
Après The Pack AD le trimestre précédent, voici un nouveau groupe de filles énervées. Voix rauque, son sec et nerveux ouvre ce disque avec Follow Me, dont le clip voit des Mastodon (Oui, les gros métalleux tatoués) travestis les remplacer aux instruments. Pour la suite, une seconde voix plus sucrée et narquoise vient en alternance sur un disque de caractère se promenant librement entre punk et post rock.
 

 

 

Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp - Rotorotor

Vous sentez venir le truc arty et bien snob, détrompez vous. Vous ne savez pas qui est Marcel Duchamp et pour vous le Dadaïsme doit être la passion pour les chevaux à bascule, alors concentrez vous plutôt sur le "Tout Puissant", car l'OTPMD, pour faire court, l'est. Certes, on verrait plus ces Suisses en professeurs d'université qu'en musiciens de Fela, mais il faut voir quand tout se met en branle, que le talent et la finesse de chacun de ses membres convergent vers un même point, vers la musique libre. Trompette, xylophone et autres percus créent une sorte de transe, qui pourrait rappeler The Dø brut de décoffrage, donc épuré de toute pop et de toute matière synthétique. Une frénésie qui, en live, arrive à posséder les premiers rangs, car il est vrai que chez nous le public n'est pas habitué à bouger plus d'une jambe à la fois.
 

 
 
Avec Jessica 93, Forever Pavot est l'autre grosse hype tricolore du moment, mais dans un style totalement opposé, au gros beat, l'homme au col roulé qui gratte dans le cou préfère le matériel vintage et la finesse des arrangements à l'ancienne. Nouveau Serge Gainsbourg, nouveau Michel Legrand tout y passe, Rhapsode ferait une BO parfaite pour un film de la Nouvelle Nouvelle Vague du cinéma français réalisé par un nouveau François Truffaut. C'est un disque très riche, un beau voyage psychédélique qui atteste indéniablement du talent de son auteur mais il manque un brin de personnalité et de relief pour valider les prétentions de la publicité entendue sur Nova, d'où les quelques moqueries précédentes. C'est un disque Born Bad, label toujours aussi éclectique. Après les dingueries de Cheveu et le punk sans concession de Catholic Spray, les jolies rêveries de Dorian Pimpernel, Forever Pavot est une nouvelle sortie acclamée pour eux. Ils devraient sortir un best of de Carlos pour différencier les papiers sincères des lèches bottes.
 

 
 
C'est l'histoire d'une chanteuse de folk néo-zélandaise qui s'appelle Flip Grater, Flip en l'honneur de Flipper le dauphin, car dès sa plus tendre adolescence elle militait pour la protection des animaux. Cette chanteuse a un jour visité Paris et en est tombée amoureuse comme beaucoup, mais elle y est restée.
Elle a sorti à l'automne Pigalle, son quatrième album d'un folk mélancolique, une production très sobre et chic qui fait ressortir la belle voix grave de la dame. C'est un folk citadin, les villes ne manquent pourtant pas de crasse, mais on pourra lui reprocher d'être trop propre, de manquer un peu de caractère.

Et puis au milieu, il y a la ritournelle Hide and Seek, des airs de tango, de cabaret d'avant guerre, ou du moins l'idée qu'on peut s'en faire,qui collent parfaitement au quartier de music-hall et de repères de brigands. Pas l'extravagance du boulevard de Clichy et de ses lumières racoleuses non, le clip semble tourné dans les rues qui montent vers les Abbesses, la brune au teint pâle parle à l'oreille d'un inconnu à mi-escalier, les talons arpentent les pavés irréguliers dans un parfum de mystère enivrant, les peintures s'animent et autour d'elle, les couples dansent et tournent ...

 


 

 
 
 
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