Bien que encore jeune, Yussuf Jerusalem a l'air fatigué, cabossé, il est là depuis la nuit des temps, et pourtant il se jette une fois de plus dans sa croisade contre le Bien. Au dernier épisode, il avait libéré le démon Gilles de Rais, ce paien compagnon d'armes de Jeanne d'Arc puis assassin d'enfants, aujourd'hui, il envoie ses hordes infernales brûler les églises, c'est Blast from the Past.

En chevalier errant, il s'aventure de l'enfer jusqu'au porte du paradis en traversant les jours les plus tristes. Cette première face est épique, guerrière, elle semble se nourrir des fascinations les plus sombres de l'auteur, entre folk médieval et metal hurlant. Curieusement, il suffit de tourner le disque pour arrêter cette furie maléfique et faire face à soucis bien plus ordinaires mais tout aussi douloureux de coeur brisé en deux. Yussuf Jerusalem se métamorphose alors en adolescent vif porté par un garage pop sixties qui l'est tout autant. La vie est quelque part, elle reste belle même si ce monde est absolument laid.

Blast from the Past, c'est beaucoup de haine crachée et pas mal d'amour non partagé. C'est aussi un bon disque mais tout ça avance avec moins de cohérance et d'ampleur que le précendant et magistral A Heart full of Sorrow où les styles se mélangeaient dans la même grandeur poisseuse. Le métal teutonique et l'innocence pop seraient difficilement conciliable ?

 

 

 
 
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