Dans quelques années, le cas Ty Segall pourrait fédérer des passions aussi peu en rapport que la musique, la généalogie et la spéléologie. Sauf si dans quelques années, seule la musique d'ascenseur subsiste. Encore tout jeune, le blondinet a déjà sorti une multitude d'albums ou de 45 tours solo ou avec ses 4 ou 5 groupes ou avec des potes sortis de je ne sais où. Et jamais sur le même label évidemment. Des pochettes dégueulasses, un garage touchant ou furieux mais toujours cracra, un goût pour l’artisanat aux moyens limités donc, voilà ce qui fait naître le culte Ty Segall dans le milieu indie. Sur cette dernière livraison nommée Hair, à moins qu'une nouvelle se soit déjà intercalée, il fait équipe avec White Fence, un huluberlu de son espèce, mais plus versé dans la pop psyché jadis chère à ce bon Syd Barrett. Et le mélange marche, il se fait souvent dans le même morceau comme l’initial Time ou plus encore The Black Glove / Rag qui plane au doux pays des rêves avant de se faire violemment rattraper par la réalité. Les deux qui n’ont rien de futurs vainqueurs de The Voice se partagent le micro et enchaînent les pépites du genre. I'm not a Game déploie une énergie formidable, puis on retombe au fond du fauteuil vaguement embrumé jusqu'à ce qu'un rockab' débile viennent nous secouer. Et il en est ainsi jusqu'à la fin. Alors vous direz que ça a l'air d'un sacré bordel cette affaire, mais c'est ça qui est bon ! Hair ferait gerber l'ingénieur du son de Madonna, on dirait qu'il a été enregistré dans un garage entre la tondeuse et les poubelles, mais d'où le nom, et on a déjà entendu pire ! Non, cette collaboration est le parfait exemple de la géniale imperfection des génies du garage, de la lo-fi ou comme vous voulez, c'est sale, c'est bruyant, c'est rien de neuf, mais c'est fait avec tellement de d'enthousiasme et de coeur qu'on ne peut que leur rendre.

 

 

Ecouter Hair sur Grooveshark , lire sur PlanetGong.

 


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