(A Tant Rêver du Roi - 2012)

 

http://f0.bcbits.com/z/34/97/3497789156-1.jpgApparemment, ça fait déjà quelques temps que Tom Bodlin trimbale sa collec’ de saxophones sur les sentiers, mais ce n’est que dernièrement qu’on s’est croisé, sur la grande autoroute virtuelle pour être exact. Peut être pas l’idéal pour faire connaissance avec le bonhomme, mais que voulez vous, c’est là que se passe de nos jours.

 

L’homme orchestre sortait fin 2012 un nouveau disque chez A Tant Rêver du Roi nommé Spit in the Air and take out your Umbrella. En l’écoutant, des souvenirs remontaient de très loin. D’un sampler offert avec un magazine peut être pas si pourri finalement, le titre Murder for the Money de Morphine surgissait de la fin des années 90. La basse qui bourdonne, le sax entêtant, une évidence peut être, mais pas pour tout le monde. Ne pas louper l’occasion de découvrir des morceaux comme Jack and Tina ou You look like Rain. Et puis il y a Down by Law, le film en noir et blanc de Jim Jarmush où Roberto Benigni et Tom Waits, fraîchement évadés de taule erraient dans le bayou de Louisiane de la muddy water jusqu’aux genoux. Est-ce que ce disque ferait une bonne bande originale ou est-ce une invitation à se pencher sur la carrière musicale de Tom Waits ? On dira les deux.

 

Dès le premier titre, Tom Bodlin donne du whisky aux oiseaux et rentre dans des incantations où sa voix fait l'effet d'un éboulis de caillasses te dévalant sur le râble, et vous pouvez croire que ce diable de sax ne fait que pousser derrière pour que tout aille vite. En suite, notre homme se la joue cowboy de mauvais poil ou bluesman des marécages, toujours de la boue sur les bottes et le tempo ralentit, harrassé par la moiteur ambiante, l'humidité et les moustiques. Alors qu'on sent que sa santé mentale vacille dangereusement, l'atmosphère s'allège momentanément, l'animal redevient humain le temps de quelques vaines pensées pour sa belle, des regrets, des souvenirs lointains avant que Tom Bodlin mi-ours mi-reptile ne réapparaisse, recouvert par ses propres glaviots et heureux.

 

Sur la grande autoroute virtuelle, il y a tout, mais pourtant on n'y croise pas de bonhomme comme ça tous les jours et sûr que dans le bayou non plus !

 

Ecouter Tom Bodlin sur Bandcamp ou sur Deezer.

A lire chez Perte et Fracas.


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