http://exclaim.ca/images/angels.jpgIl y a sept ans déjà raisonnaient les premières notes de Young Men Dead, le monde indé faisait connaissance avec les Black Angels et leur grosse machine à broyer tout optimisme. Durant tout ce temps, rien n'a arrêté ce rythme martial, cette voix si particulière, profonde et incisive, ils ont fasciné tout un public qui bougait lentement la tête comme ensorcelé par cette beauté lugubre. Plus tard l'Amérique choisira sûrement Green Day comme bande son de la guerre d'Irak, et pourtant la vraie, celle qui pourrait être l'équivalent de The End dans Apocalypse Now, se trouve quelque part dans Direction to see a Ghost, le sinistre deuxième album. Et puis voilà, dans les derniers EP, une reprise des Zombies, des chutes studios qui laissaient passer la lumière de fort belle manière. Est-ce que les Black Angels sont en fait des gens gais qui se forcent sur leurs disques ou assiste-t-on à un virage pop ? Le 2 avril, sortait Indigo Meadow, leur 4ème album studio, alors des réponses ?

 

Alors ne vous en faite pas, les Texans ne se sont pas transformés en gentils hippies, d'entrée la machine se remet en marche, implacable, elle martèle "Always Indigo" puis des choses maléfiques sur un tempo lourd et pesant. Ce n'est que plus tard que le groupe s'en libère, il a impressionné avec, mais en semblait aussi de plus en plus prisonnier, il y a d'abord un retour de Hollande qui se perd dans la brume, on y retournera souvent, dans ces nuages sûrement propres à Austin, puisque c'est dans les mêmes que erraient les 13th Floor Elevators. Ces nuages du petit matin qui se dispersent vite pour laisser le soleil tout brûler. Rien à voir avec les doux rayons qui inspiraient les Kinks à Londres, là-bas tout y est plus rude, y compris la pop. Les Black Angels sont toujours poursuivis par leurs démons, la guerre et l'aliénation luttent dans des morceaux plus libres qui promettent enfin des explosions scéniques, les émanations de leur âme semblent plus toxiques que jamais, en atteste le délirant I Hear Colors où des arcs en ciels saturés parcourent leurs veines au rythme de claviers affolés. Au final, Black isn't Black qu'ils disent "Before I met you, blackness everywhere", sur un mince filet de guitare coulant au milieu de la rocaille avant que le barrage ne cède et que les Black Angels ne submergent tout une dernière fois.

 

Le néophyte qui débarquerait aujourd'hui ne serait pas assommé comme il l'aurait été à la découverte de Passover, mais avec Indigo Meadow, les Texans confirment les changements amorcés à l'époque de l'inégal Phosphene Dreams et se rapprochent encore un petit peu plus du Graal psychédélique "I don't need nobody's hell, need nobody's hell ..."

 

 


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