Ce jeudi à la Maison de l’Etudiant, il y a plus de professeurs que d’étudiants. D’ailleurs les deux qui rentrent sur scène ont l’air d’un couple de profs de philo encore dans l’ère Pompidou, qui supportent le nouveau siècle à grande consommation d’anti-dépresseurs et de cafetières. Les deux de Arlt avancent suivant le seul chemin électrique tracée par Monsieur,  étroit mais clair. Madame est très maniérée, théâtrale, avec sa voix très belle là haut perché. Dans cette petite bourgeoisie, Monsieur est dégénéré, Madame neurasthénique, les textes errent entre jolie poésie, obsession, absurde et lassitude. Ils sont charmants. 

 

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Stranded Horse, c'est un petit bonhomme stylé rock'n'roll qui dit quelques généralités et se moque de l'ingénieur du son, pas sérieux jusqu'à qu'il prenne son instrument dans ses bras et fusionne avec lui. Il a raison, il n'a pas de jeu de scène. La vision est sensiblement la même pendant une heure. Lui et sa kora, lui et sa guitare. Et pourtant on ne s'en lasse pas, on le fixe et on laisse aller son imagination installé au fond de son siège. On est comme assis face à l'Atlantique, un jour où il est calme, la douce lumière du printemps scintille sur les vagues qui viennent clapoter sur le bord de plage. C'est le son de la kora. Des fois, il fait des boucles, qui s'intensifient, hypnotique, c'est le soleil qui vous tape trop fort sur la tête. Comme face à la mer, on reste fasciné, et quand on détourne les yeux, qu'on se lève et fait demi tour, on soupire. Avant on était rien, maintenant on est triste ou heureux.

  

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