Quand l'amateur de musique va voir un concert à New York, il a plein d'histoires et de légendes qui lui tourne la tête, la ville qui ne dort jamais a toujours été à la pointe, depuis le Velvet Underground jusqu'aux actuels A Place to Bury Strangers. En plus, c'est du culte qui est là ce soir, Spiritualized est anglais certes, mais se situe bien quelque part entre les deux groupes précédemment cités. Me voici donc aux portes du Terminal 5, sur la 56ème rue, pas loin de l'Hudson river. Il fait 40 degrés dans le couloir qui suit le guichet, il est richement doté en lustres de cristal comme j'en avais vu avant qu'à Versailles, je laisse le stand de merchandising sur la droite et rentre dans la salle principale. Elle est chic et sobre, sûrement un ancien entrepôt repeint en noir et blanc, elle me fait penser un peu au Bikini de Toulouse mais en plus grand, il y a au dessus de moi deux étages de balcons, donc au final, on y met du monde là dedans. Au bar la pinte d'Heineken est à 7 balles US, le serveur dit un truc à son collègue d'un air dégoûté, ah merde le pourlich, tiens 1 balle de plus.

 

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Passée la folkeuse locale Nikki Lane sur laquelle je n'ai malheureusement rien à dire, Spiritualized rentre en scène, Jason Pierce en dernier, caché derrière une paire de lunettes de soleil. Ils attaquent par Sweet Jane, l'extrait de leur dernier en date album Sweet Heart Sweet Light. Leurs morceaux longs sont souvent les meilleurs, comme le prouve le désolé Headin' from the Top. Ils soufflent le froid par cette voix malade, cette attitude immobile, la violence de ce mur de son et de cet éclairage, et ils soufflent le chaud par ces choeurs soul, Lord let it rain on my quasi gospel, quand le tempo ralenti et s'élève dans les cieux, portait par mille violons transformés ici en un seul clavier. "Ladies and Gentlemen We are Floating in Space" dit la voix off que tout le monde acclame, les deux décennies d'existence de Spiritualized sont résumées dans la setlist ce soir. Honnêtement, je ne les connais pas assez pour pouvoir me livrer à une quelconque analyse mais rarement j'aurais vu un groupe être rappeler sur scène avec autant d'ardeur par le public et encore à la fin de Cop shoot Cop. Le public, d'ailleurs, parlons en, cool, tranquille mais expressif comme le passant lambda de big apple, pas de look forcé, nature, pas de prétention superflue, bref des gens comme toi et moi. Après, faut voir qu'on est dans une grande salle, l'underground, l'avant garde qui fait la légende de la ville n'est pas là, il doit être dans des recoins de Brooklyn ou du Lower East Side. Mais moi je n'en sais rien, je ne suis qu'un simple et heureux touriste ici.


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