On est à mi-novembre, encore pieds nus, encore à faire les chats au soleil, à profiter de cet été indien qui dure, qui dure. Il ne sera certes pas éternel, mais cet anticyclone qui souffle du Sud a bien le mérite de garder un peu chaleur pour notre moral que la grisaille de l'actualité aurait bien vite fait de mettre à mal. Cette chaleur a des couleurs africaines, elle sort des ondes, de mes enceintes et de celles des autres. C'est l'Afrobeat de Anthony Joseph et son Spasm Band, from Trinidad et le son des dunes du Nord Mali des touaregs de Tamikrest.

 

Anthony Joseph & the Spasm Band - Rubber Orchestras

Voilà un disque tout à fait équatorial, afrobeat, souljazz, on appelle ça comme on veut. Il en a la fièvre, la moiteur, la vie fourmilliante, la folle énergie, des traits qui caractérisent des morceaux au charme cuivré et à la voix chaude comme She is the Sea. Et puis il a le vaudou, la magie noire des ancêtres, Damballah, qui rend fou les musiciens, arrangués par le chef de cérémonie qui semble craindre Cobra autant qu'il le vénère, qui est ce ? Un sorcier ? Un demi-Dieu ou un bandit ? En tout cas, il y a une vrai atmosphère mystique tout au long de ces morceaux, et quand le tempo redescend, Anthony Joseph parle plus qu'il chante et devient poète engagé. Generations, s'électrifie et monte en tension tout au long de ses douzes minutes. Il se rappelle de son pays, de ses ancêtres, from the plantation to the revolution ... C'est beau et incendiaire, c'est Rubber Orchestras.

 

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Tamikrest - Toumastin

Voilà un disque tout à fait paisible. Mais n'oublions pas que les Touareg sont un peuple de guerrier, que quand ils n'ont pas une guitare en bandoulière, c'est bien souvent une kalachnikov qui la remplace. Si leurs douleurs sont les mêmes que celles de ceux du sud du continent, ils l'expriment avec plus de retenu et de pudeur, arrassé par le soleil de plomb et le vent qui souffle sur le sable, mais il y a aussi quelque chose de culturel. C'est ce qu'on doit appeler le blues du désert, ce n'est d'ailleurs pas leurs ancêtres qui ont, malgré eux, exporté cette musique en Amérique ? Mais quand tombe la nuit en même tant que la température, que le village se réunit autour d'un feu, le rythme de la guitare et des percus s'accélère, les filles chantent et tout le monde tape dans ses mains, ça donne Aratan N Tinariwen, un hommage aux Tinariwen, leurs voisins de dunes, illustres bluesmen du Sahara ? Je ne peux vous dire, je n'ai pas pris tamaschek en deuxième langue.

 

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