Samedi après midi, nous sortons du métro Pont de Saint Cloud dans un flot ininterrompu de festivalier qui nous mène vers une journée rock. 

17h35 - Enfin presque entièrement rock. La première fois que j'avais vu Caravan Palace, j'avais été tolérant, j'avais dit que c'était sympa mais un peu artificiel. Là, j'ai de suite trouvé ridicule ces gars qui en font des tonnes sur leurs instruments. Les années folles sur un boom boom de Dance Machine. Franchement, John Scatman et Dani Brillant ont exploité le filon depuis un bail. 

18h15 - Dans les années 90 par chez moi, les seuls médias pour écouter les singles rock étaient Fun Radio et le Boulevard des clips de M6. Pas étonnant dès lors que je suis complètement passé à côté d'un groupe culte comme les belges de dEUS. Ce concert est donc l'occasion de découvrir sur le tard ces gueules, ce rock particulier et tendu. J'ai l'impression qu'on rentre pas chez eux comme ça. L'emprunt d'un ou deux albums sera de mise dans les prochains jours.

 

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             Grande Scène - Crédit : Victor Picon

 

19h10 - Comme la veille, c'est l'heure de traverser tout le site, mais pour cette fois tomber sur les trois de Bass Drum of Death. Un show totalement ramonesque, autant dans les intonations du chanteur que dans la vitesse d'exécution des morceaux. Mon voisin dit à juste titre qu'à leur jeune âge, ils doivent pas avoir un répertoire gigantesque et qu'à ce rythme, ils  risquent de vite être à court. C'est ce moment qu'ils choisissent pour une longue plage planante. Avant de finir sur une reprise furieuse du Territorial Pissings de Nirvana. Qui l'est déjà à la base, c'est vrai. 

20h00 - Hors de question d'aller voir Noel Gallagher et ses High Flying Birds, on attendra Rock en Seine 2016 et la reformation d'Oasis. A la place on a pris un sandwich au stand corse. C'est du jambon qui a cuit dans une sauce à la moutarde ou un truc comme ça, en tout cas c'est fameux. En face de nous, The Bewitched Hands n'est pas un groupe de Cyber Punk cannibale comme le laissent entendre les affiches pour leur nouvel album, mais un groupe de pop joyeuse et tout à fait sympathique. 

 21h00 - On peut se moqueur de Fun Radio, mais grâce à eux je sais que la chanson qui passe alors qu'on attend les Eagles Of Death Metal est Mother de Dantzig, et tout le monde ne peut pas en dire autant. Puis le groupe fait son entrée et ce gros bof de Jesse Hugues en dernier commence de suite son travail de séduction des foules, se déhanche, prend des poses subjectives avec sa guitare . Il se croit sexy avec sa moustache, sa coupe de cheveux dégueulasse et son t-shirt "The Black Keys are my Brothers" ultra-moulant ? L'efficacité et la puissance du gros rock ricain, le côté ouvertement aguicheur, limite mauvais goût californien, what else ? 

22h00 - Tout aussi ricain mais plus sobre, la tête d'affiche du jour est pour The Black Keys et le joli succès de El Camino qui leur a ouvert les portes du grand public. Mais est ce que tout le monde a bien compris que le single Lonely Boy n'est pas représentatif de leur oeuvre ? Pas sûr quand on voit l'absence de réaction de la fosse au monstrueux Thickfreakness ou au très bon I Got Mine. Mais c'est pas si grave, les derniers morceaux sont plus enjoués et font plaisir, en haut de notre butte on reprend tous en choeur "... that a broken heart is blind". Une drôle d'impression tout de même, la scène qui semble trop grande pour eux et le manque d'ampleur sonore. Comme s'ils se croyaient sur les planches en bois du Bayou Club de Baton Rouge, Louisiane. Mais ça aussi, c'est pas si grave. 

23h30 - Quand Mark Lanegan a la chemise à carreaux et la casquette à l'envers, c'est que l'électricité sera. Bien épaulé par son groupe, le début est éblouissant avec le lourd Gravedigger's Song suivi de Hit the City sans PJ Harvey. Il joue beaucoup du dernier album, Grey goes Black passe très bien puis arrivent tous ces titres pompeux, ces espèces de prières trip-hop. Je suis fatigué, je veux dormir.

 


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