16h30 - Ni de Stuck in the Sound, ni de Lanskies, ni même de Waterboys, nous consacrons les premières heures de ce vendredi aux expos, aux stands et animations. Rock en Seine avait demandé à des illustrateurs de réaliser une affiche pour un des groupes qui passer cette année. Le résultat était souvent très bon. Au stand Converse, il y avait la queue pour avoir un t-shirt ou un sac original et auto-designé. Chez Fleury Michon, il y a avait pas la queue pour avoir je ne sais pas quoi, sûrement une tranche de jambon blanc. Au Rock'n'Roll Circus on a vu des gens faire du rodeo, une dame sans tête tricoter une écharpe, l'homme le plus fort du monde à l'accent belge soulever à la seule force du dentier une table sur laquelle était assise une demoiselle, on a vu un fakir au pseudo savoureux de Jean Pierre Francky manger des lames de rasoir puis enfermer sa femme dans une valise avant de la traverser de plusieurs sabres et épée. On ne saura jamais si elle a survécu (mais je pense pas) puisque c'était l'heure d'y aller.

 

18h00 - Je n'ai plus suivi The Dandy Warhols depuis cet affreux single We use to be Friends et j'écoute encore régulièrement les Thirteen Tales from Urban Bohemia en voiture. Aussi je ne sais pas sur quel pied danser avec eux. Il y a cette beauté, cette classe nonchalante, puis cette impression de paresse et de suffisance. Leurs morceaux pourraient être splendides mais ne l'atteignent jamais, voir Godless. Ils ne lâchent pas les chevaux sur Get Off. Oui, c'était un bon moment sous ce doux soleil de fin d'été, mais on se dit que ça pourrait être mieux.

 

19h00 - Rendez-vous à la buvette au fond de la scène de la Cascade avec quelques éminents blogueurs. Là-bas, à l'autre bout, Grandaddy, une autre lacune sortie tout droit des années 90, comme dEUS la veille. Une bande de gars en chemise à carreaux, casquette John Deere sur des têtes hirsutes, ils balancent un americana lo-fi ponctué de clavier d'ordimini. De retour à la maison, une écoute aller retour de leurs albums Under the Western Freeway et The Sophware Slump suffira à me rendre dingue d'eux.

 

19h45 - C'est parti pour le moment culte du week-end, Social Distortion since 1979 et à sa tête l'homme qui a survécu à tout, Mike Ness tatoué jusqu'au coin des yeux. Il est habillé en mafieux sous la prohibition et en jette. Ils vont balayer 30 ans de carrière ... systématiquement sur le même rythme mélodique de Bad Luck à Machine Gun Blues en passant par une reprise de Ring of Fire dédié à la Punk Police, fuck off ! Do what you want ! Reste un énergique Story of my Life qui laisse enfin voir les autres influences plus country du groupe et un teigneux Telling Them pour la mémoire du Strum. C'est dommage de tout jouer pied au plancher parce qu'on est en festival et je reste sur ma faim. Alors on passe prendre une barquette de boulettes au riz chez les Sénégalais.

 

545925_10151121820663851_1372618457_n.jpg                                     Green Day - Crédit : Sylvère Hieulle

 

21h30 - C'est l'heure de revenir au collège. Green Day était mon groupe préféré et Dookie la cassette qui a le plus tourné à la maison. Mais plus tard, ils devenaient les premiers héros de deux générations en dix ans d'intervalle. Est ce que ce soir il y en aurait pour les vieux ? Un ciglant Welcome to Paradise en ouverture vient répondre Oui ! S'en suivent des singles récents dont un Holliday qui déchaîne les foules. Billy Joe fait systématiquement crier HéHoooo au public à la fin des morceaux alors que c'est pas nécessaire et un peu gonflant. Ils ont deux heures et demi à tuer alors le concert se transforme en spectacle rock avec jet de pq sur le public, puis en karaoké, ils attaquent Highway to Hell puis le Rock'n'Roll de Led Zep. Plus tard, tout le monde allongé sur le dos sur scène, ce sera Stand by Me puis carrément Hey Jude, c'est marrant. Au milieu, Boulevard of Broken Dreams, on voit sur les écrans géants une demoiselle qui en pleure d'émotion au premier rang. Puis c'est l'heure de Dookie, BJ tend le micro à la foule mais qui se rappelle des paroles de She ou Longview ? Je suis pas objectif mais ces vieux titres sont largement les meilleurs, plus nerveux, plus pêchus. On a un interlude saxophone puis accordéon pour le fameux Minority qui restera pour moi le grand moment du show tant ce morceau est enthousiasmant avec son refrain à beugler en choeur. Les malins se sont gardés le meilleur pour le rappel, ils triomphent avec American Idiot puis une chanson où BJ vole la vedette seul à la guitare acoustique. Une sacrée machine Green Day ... Tout le monde à la banane mais Rock en Seine 2012 est fini, le flot de festivalier rejoint le metro dans la poussière tel un troupeau de gnous en pleine migration et les crocodiles qui ont généralement leur peau seraient le retour à la vie normale du lendemain.

 


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