Et donc me voilà à Paris, la chaleur colle plus dans le béton et le goudron qu'au milieu du maïs et des pins. Sans que personne ne me force, je me jette dans l'usine à gaz nommée Centre Pompidou où j'admire des peintures de Henri Matisse ou Fernand Léger d'un oeil tout à fait inculte. Les collections temporaires sont dédiées à Roy Lichstenstein, un des pères du Pop Art, vous avez déjà vu ses toiles façon comics et au plus surprenant Simon Hantai, dont les oeuvres paraissent vivantes, ou plutôt mortes, disons organiques. On dirait des tripes surmontées d'un vrai crâne, de mouton, je dirais, on dirait des écorces vernis, sur plusieurs mètres carrés, surprenant. je ressors de ce que je pensais être un attrape bobo plutôt satisfait. Un ami m'amène claquer quelques balles en 45t soul chez Gilda, 36 rue des Bourdonnais, 75001 Paris, puis cap sur Rock en Seine, car j'étais pas là pour arpenter les couloirs climatisés.

 

969062_10151788856143851_1591835502_n.jpg             Daughter par Nicolas Joubard

 

C'est cool de commencer un festoche par quelque chose de paisible. L'an passé la pop atmosphérique de Yeti Lane avait très bien fait l'affaire. Cette année les programmateurs ont pété les plombs et proposent le métal de Tomahawk, auquel on préfèrera Daughter. C'est pas très joyeux, mais leur pop dépouillée et la voix profonde de la dame sont prenantes, de l'émotion dégouline de la scène vers le public. Penser à écouter une fois rentré à la maison. On attrape une bière à l'abreuvoir pour traverser le site direction la grande scène. Il y a déjà beaucoup de monde. On est très loin pour voir Tame Impala. Et eux sont très haut, en plein trip cosmique. La scène est gigantesque et ils sont regroupés sur la superficie d'un paillasson. D'ici on les voit pas bouger, sont ils empaillés ? J'avoue que j'ai un peu de mal à rentrer dans le truc. Sinon Elephant est vraiment un morceau de premier choix en bon vieux groove pschychédélique des familles, aucun doute là dessus.

 

En fait, pour moi la journée de festival avait commencé dès le réveil, quand, les pieds sur le lino et le cul sur le matelas, je faisais défiler l'info Facebook et voyais que Balthazar remplaçait au pied levé on s'en fout qui. Balthazar, les belges avaient été magnifiques au Connexion Café de Toulouse l'automne dernier. Ils jouent demain à 19h45. Sauf que demain est désormais aujourd'hui, et que c'est en même temps que Alt-J que j'avais bien envie de voir. Je me suis dis que de toute façon les belges ne pourraient jamais mieux donner en festoche que dans cette petite cave et me voilà avec Alt-J et ses fans. Balthazar / Alt-J, c'est un peu la musique qui vient des tripes et du coeur contre celles qui vient du cerveaux, puis des machines, les littéraires contre les scientifiques. Et bien je me suis bien ennuyé durant le set des anglais, manque d'âme, d'émotions. En croyez bien que j'en suis désolé. Leur morceau Matilda m'avait un temps obsédé, elle sortait pas de ma tête cette meuf. Là rien. Je sors mon portable.

Quelqu'un que je devais voir : - Je suis à Alt-J.

Moi : - On est pas tout seul, un point de repaire particulier ?

Quelqu'un que je devais voir : - Non !

Moi : - Holly Shit !

Et puis j'ai plus eu de batterie. C'est super bien les smartphones, je faisais ici l'éloge de l'application Rock en Seine il y a peu. Mais il faut des batteries.

 

Direction Franz Ferdinand. Les Ecossais montrent comment on fait de la pop. On cire ses chaussures, on met une belle chemise et on sort des refrains imparables autant que vous en voulez. Ils sortaient là un nouvel album mais on a quand même droit dans tous les classiques de Matinee à Ulyses en passant forcement par Take me Out dont les premières notes rendent tout le monde fou. C'est déconcertant de facilité, ça doit être ça la classe british. Je les avais déjà vu à la feu Garden Nef Party d'Angoulême et il en avait été de même. Chapeau Franz !

 

On va alors chez les Corses. On leur demande pas de faire du rock, mais tant qu'ils font des sandwichs aussi bons, ils sont bienvenus sur le site. On regarde un peu Hanni El Khatib qui confirme ce que je pensait déjà, à savoir qu'il a rien à voir avec l'image rockab' qu'il veut bien se donner, mais vous savez l'image, de nos jours ... Bref, on tranche pas son steack avec un couteau à beurre. Et je me comprends. Alors on file à la petite scène. Ça tombe bien, le chanteur des !!! (Chk Chk Chk) rentre de la piscine municipale de Boulogne Billancourt, il est encore en short de bain et a sa serviette au tour du coup, et n'est pas du tout fatigué. Il arpente la scène de long en large en faisant des grands mouvements de gym rythmique. Le groupe lui donne de la bonne matière avec un disco rock funk effectivement bien entraînant, mais Michael Jackson dirait que les blancs ne savent pas danser, t'en fait trop mec ! Mais c'était divertissant.

 

Allez à demain les loulous.


 


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