Everything was beautiful and nothing hurt, oui mais on a beau essayer de rester stoïque, de faire comme si de rien était, c'est pas toujours facile. Surtout que Mina May ne peut pas garder ses émotions pour elle. Pourtant elle n'est pas excessive, dans des grands éclats de rire ou explosions de colère mais elle est joliment expressive quand frondeuse ou désarçonnée, elle respire une spontanéité admirable. Elle ne peut pas mentir. Mina est une grande brune, plutôt fine, elle a des traits asiatiques bien que ses parents ont toujours vécu dans l'Oregon, en fait elle a peut être un peu de sang indien ... mais non Mina May, c'est un groupe varois. Oui le Var, un endroit où le dernier rockeur était Eddy Barclay, autant vous dire que ceux là n'ont rien à voir avec les paillettes et les rivières de champagne. Si les synthés et autres machines ont souvent tendance à déshumaniser le rock, ils sont la preuve que ce n'est pas forcement toujours le cas. Agités et déboussolés sur les premiers claviers martelés, ils se rétablissent avec morgue par la suite, montrant à l'occasion qu'ils ont du chien. Curieusement, la voix evoque de celle des Black Angels, alors que les Texans tirent leur grandeur de ce détachement supérieur, les Frenchies sont d'une sincérité totale comme Mina, et c'est ça qui fait tout leur charme, comme Mina. Ils ne cachent pas leur spleen quand l'humeur est au spleen, mais sans chialer pour autant, en gardant leur dignité intacte. Comme les Mini Mansions et White Denim, deux autres groupes à personnalité propre, inventifs, n'hésitant pas à mélanger les influences diverses et variés, ils ont sorti en 2011 un album en tout point admirable. Car oui, ils sont très bons comme ... non Mina est très belle.

 

 

 

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