Eté 1830, Paris brûle. Charles X, nostalgique des monarchies d'antan, fait passer des lois jugées liberticides par le peuple qui descend la rue et dresse des barricades. C'est la révolution dites des Trois Glorieuses. Le peintre Eugène  Delacroix, pourtant occupé à protéger le Louvre d'éventuels pillards, s'inspire de ces évènements pour son célèbre tableau "La Liberté guidant le peuple". Il montre Marianne, symbole de notre république, marchant sur les barricades drapeau tricolore en main. Elle se retourne vers la foule révolutionnaire qui la suit pour lui montrer la voix de la liberté. Si elle est seins nus, ce n'est pas pour aguicher le jeune rebelle comme une vulgaire étudiante américaine en boite à Cancun, ou 20 ans plus tôt, leur mère à un concert de Motley Crue. Non, on respecte, c'est symbole de mère nourricière de la nation, et puis ça lui donne des airs de déesse grecque. A ses pieds, le cadavre défroqué de Rocco Siffredi prit entre deux feux alors qu'il tournait sur les bords de Seine avec Svetlana une jeune russe de 18 ans de 3 semaines. A ses côtés, et là c'est pas des conneries, le jeune homme qui brandit un pistolet aurait inspiré Victor Hugo pour son Gavroche. Vous aurez compris l'importance de cette oeuvre.

 

 

Mais aujourd'hui, Marianne est bien vieille, elle ferme ses volets s'il y a du bruit dans la rue, elle a peur des étrangers, elle a peur des jeunes, elle a peur tout court. Alors quelques artistes ont choisi de la relooker comme on dit de nos jours, ils ont parodié ce tableau pour illustrer leur album. On passera très vite sur Viva la Vida de Coldplay et son artwork de peintre en bâtiment. C'est fait.

 

Tout d'abord les chansonniers girondins de La Replik, qui utilisent l'oeuvre pour son album de 2004, La Folie des Glandeurs. Musicalement et pour faire simple, on peut dire que leur punk acoustique tient autant des Sex Pistols que de Georges Brassens, rythmique soutenue, banjo accordéon, paroles malignes et piquantes à l'attention des mous et des cons de droites. Ils ont remplacé les visages originaux par les leurs, en arrière plan Notre Dame par une des flèches de la cathédrale Saint André de Bordeaux. Gageons que si des barricades devaient être montées là bas, ils ne seraient pas les derniers à monter dessus. Et la place du bleu blanc rouge, oui, ce drapeau noir pirate est pas mal ...

 

 

 

Et là, cette année, alors que ça saigne dans le monde arabe qui ne veut plus de ses dictateurs, que les indignés occupent les places des grandes capitales, c'est ces incultes de ricains qui reprennent La Liberté guidant le peuple, et pas n'importe lesquels, The Spits les plus débiles d'entre eux. Spits V, c'est 12 titres aux noms aussi courts, violents et lapidaires que le contenu,  au choix: My Mess, My life sucks, Fed up ou encore I'm scum. Ils sont plus dégueulés que chantés. Ils transforment le soulèvement des Parisiens en grande fête d'Halloween. Les soucoupes volantes lâchent des bombes atomiques, Marianne porte haut l'étendard à la citrouille. Elle est masquées, une cagoule de cuir noir. Un bourreau ? Un catcheur ? ou plus sûrement délire sadomasochiste. Elle est suivie par un ghostbuster et quelques morts vivants. Pfff, ils respectent rien, mais bon, au moins Marianne se sera un peu amusée, parce que par les temps qui courent ...

 

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