Eté 1816, le peintre Théodore Géricault se paie un peu de bon temps à bord d'un navire des croisières Costa qui avaient meilleure réputation à l'époque. Ils longent les côtes de l'Afrique occidentale lorsque le 2 Juillet, ils croisent une embarcation à la dérive avec une quelques malheureux affamés à son bord. Le commandant regarde de l'autre côté et a 1000 raisons pour ne pas les secourir. Ils sont sales, il n'y a pas assez de place à bord, ils dérangeraient les vacanciers, ils n'ont pas d'argent pour payer et puis de toute façon, il n'a pas l'autorisation de son supérieur pour les faire monter. Ils s'éloignent. Le peintre profondément choqué immortalisera la scène en rentrant à Paris, le tableau restera comme une des plus grandes méprises de l'Histoire de l'Art. Géricault intitule son oeuvre Le Radeau de la Méduse car il est persuadé d'avoir vu sur ce rafiot les survivants de la Méduse, une frégate de la marine française disparue dans la région.

 

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Hors il n'en était rien ! Les naufragés étaient Les Pogues, une bande de pirates ou de gentlemen de fortune comme ils préfèrent être appelés. Oh eux n'ont jamais tué ni violé personne, et à part quelques caves, ils n'ont jamais rien pillé. Ils étaient meilleurs musiciens et jouaient des airs de leur Irlande natale plutôt que de dépouiller les navires marchands. Ils se rêvaient Corto Maltese à courir les océans à la recherche de trésors et légendes mais ils n'étaient pas nés sous la même bonne étoile. Ils étaient tout juste bon à remonter la Tamise. Ils parlaient des grands navigateurs et de Jesse James la légende de l'Ouest lointain mais n'étaient jamais meilleur que quand ils chantaient leur pays, le ciel gris, les briques rouges, les filles, les bars. Car il n'y a pas plus romantique qu'un alcoolique. Derrière ces yeux vident qui ne voient plus, cette bouche aux dents pourries qui ne parle plus, il y a quelqu'un capable d'écrire quelque chose comme A Pair Of Brown Eyes. Leur capitaine, l'inconscient Shane Mac Gowan traîne encore de nos jours dans les bars de Londres et il raconte à qui veut l'entendre que si Théodore Géricault les avait reconnu ce jour là de Juillet 1816 sur leur radeau au large de la Mauritanie, il aurait été bien plus inspiré.

 

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