Certains lecteurs s'en rappellent peut être en fin d'année passée, j'ai cru à la fin du monde et une série de faits divers dégoûtant m'avaient même fait penser qu'elle viendrait d'une épidémie zombie, et que les humains erreraient misérablement sur les routes comme dans The Walking Dead, cette série toute aussi misérable. J'ai même commencé à lire The Zombie survival guide par Max Brooks, le fils de l'hilarant Mel. Je pensais que ça serait marrant et que ça m'aiderait à dédramatiser, mais non. L'humour consiste ici à être très sérieux, à expliquer pendant des pages et pages comment lutter contre des zombies selon le terrain sur lequel on se trouve, quelles armes nous avons à disposition. Ils sont forts ces anglais. Et puis début 2013, tout cela s'est calmé, et j'en ai désormais la certitude, les zombies n'existent que dans les films.

 

 

http://blueprintreview.co.uk/wp-content/uploads/2012/07/Night-of-the-Living-Dead-Posters.jpgLa Nuit des Morts Vivants (George Romero - 1968)

Ils sont une poignée retranchés dans une maison de campagne, dehors les morts sortent de terre et dévorent les vivants, ils vont devoir tenir toute la nuit durant. Ils réagiront comme des humains peuvent réagir à l'horreur, il y a ceux qui sont paralysés par la peur, celui qui veut sauver sa peau et s'en fout bien des autres et le héros qui prend les choses en main pour le bien de tout le monde. L'action est lente, l'atmosphère est sans bruit, froide, ça pue la mort et c'est angoissant et ça vous tient en haleine jusqu'au petit matin. La Nuit des Morts Vivants (titre original, The Night of the Living Dead) de George Romero est le premier film de zombie à faire parler de lui, en 1968, il est une métaphore politique évidente. L'homme qui seul se bat pour sa survie ne peut rien contre le rouleau compresseur de la société, fatalement étouffé la terrible majorité silencieuse. C'est lapidaire mais c'est vrai.

 

DellaMorte DellAmore (Michele Soavi - 1994)

Dans un cimetière de Toscane, Rupper Everett, le gardien qui traîne son spleen comme un boulet vit en compagnie du fossoyeur simplet François Hadji Lazaro, ils enterrent des morts pour, sans joie, leur fracasser le crâne quand ils reviennent à la vie sept jours plus tard. Dans ce cimetière, les morts et les vivants se battent et des fois ils s'aiment. De ce drôle de film où on se demande qui sont les plus fous, les fous ou les sensés, il s'échappe un doux parfum de poésie et de romantisme en même temps qu'un fort fumé d'humour noir, tournant l'humain au ridicule, qu'il soit foncièrement bon ou bourré de vice.

 

 

 

Brain Dead (Peter Jackson - 1992)

Avant de faire des épopées de quinze heures avec des nains et des elfes, Peter Jackson était un putain d'artiste. Avec son argent de poche de la semaine, trois bouts de carton, beaucoup d'imagination et la quasi-totalité des imports de ketchup en Nouvelle Zélande, il réalise le gore absolu. C'est un film dont on se refilait la VHS à l'école, on le matait quand les parents étaient pas là et ça filait la nausée. L'histoire est un peu longue à se mettre en route avec ce pauvre gars soumis par sa vieille, mais quand cette mocheté de Singe Rat de Sumatra refait son apparition, on bascule dans une seule gigantesque scène de massacre sans fin où le moindre ustensile domestique devient une machine à tuer. Peter Jackson a donc disposé pour ce film de kilomètres et de kilomètres de trippes, de litres et de litres d'hémoglobine, et donc énormément d'idées toutes plus vicieuses les unes que les autres.

 

Planète Terreur (Robert Rodriguez - 2007)http://images.fan-de-cinema.com/affiches/large/10/40651.jpg

Quand Robert Rodriguez et Quentin Tarantino traînent ensemble, on sait bien ce qu'il se passe, n'importe quoi. De limite, il n'y en a plus. Dans un des trous du cul de Texas, sûrement pas très loin de celui où se déroula le Chainsaw Massacre, des paramilitaires répandent dans l'atmosphère un gaz qui change les rednecks en zombies affamés. Mais ils vont trouver en travers de leur chemin une redoutable équipe de légendes des highways, de strip-teaseuses évadées, d'infirmières ninjas. On ne lésine pas sur la viande impropre à la consommation, les pustules purulentes, les cascades les plus improbables, et plus c'est grotesque, plus c'est jubilatoire, on finit même pas se dire que cette mitrailleuse en guise de jambe va très bien à Rose McGowan.

 

28 jours plus tard (Danny Boyle - 2002)

28 semaines plus tard (Juan Carlos Fresnadillo - 2007)

"Les temps changent, la musique change, les drogues changent." C'est ce que disait une fille dans Trainspotting, un des premiers films de Danny Boyle. Et bien avec lui, même les zombies changent. Dans 28 jours plus tard, ils n'ont plus cette démarche lente et mal assurée, ils sont fous furieux, ils courent très vite et sont vicieux. Et les humains sont très vicieux pour deux jeunes gens échappés d'un Londres dévasté. Mais c'est la suite, 28 semaines plus tard qui est plus fascinante, dérangeante, effrayante. Elle exploite le cas où le survivant doit faire face à un être jadis aimé, aujourd'hui affamé de chair humaine, et Robert Carlisle, s'il était un père faible, est un zombie zélé. Mais il y a autre chose, il y a le sublime qui ressort de l'horrible, dans les rues de Londres désertées, dans des plans à l'esthétique très travaillée. Il y a cette scène claustrophobe, ce massacre stroboscopique, épileptique, et puis ce thème musical récurant par John Murphy qui monte crescendo jusqu'à prendre une ampleur inouïe, mais quand même pas autant que East Hasting de Godspeed You, Black Emperor ! que l'on entend dans 28 jours plus tard ...

 

 

 

Si vous vous y connaissiez déjà pas mal en zombies et que vous rechercheriez un peu plus d'originalité, genre des moutons zombies ou des nazis de l'espace zombies, je vous conseille cette sélection de chez Topito.

 


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