On dirait que la grande peur des années 50-60 est de retour. Et si les Russes nous envahissaient ? Si Vladimir Poutine nous présidait depuis le Kremlin ? Et si la France devenait une vulgaire république autonome comme la Bachkirie ou le Tatarstan ? Qu'adviendrait-il de nous ? Roulerions nous en Lada tunnée ? Trouverait-on de bonnes raisons de se plaindre ? Serions nous meilleurs à l'Eurovision ou en patinage artistique ? Autant de questions auxquelles nous préférerions ne jamais avoir de réponses ...

Voici une sélection de cinq films dans lesquels l'humanité vit dans une société d'une tyrannie originale.

Point de futur post-apocalyptique ici avec des gens qui errent comme des damnés entre les cannibales et les zombies, le mot société sous-entendant un minimum d'organisation.

 

Fahrenhein 451 (François Truffaut, 1966)

Adapté du roman du même nom de Ray Bradbury (1953)

Dans ce futur proche qui ressemble à s'y méprendre à l'Angleterre des années 60 au niveau de l'environemment, les pompiers n'éteignent pas les feux. Ils les allument. Les voisins dénoncent les propriétaires de livres et ils se déplacent pour l'autodafé. Lire fait rêver. Lire rend prétentieux, lire rend triste, alors c'est interdit. Et le soldat du feux Montag se traîne une mélancolie pas possible ... La plupart des gens respectent la loi et préférent regarder sur leur http://dapelop.free.fr/ygam/images/affiche.jpggrand écran "La Famille", un programme interactif qui les lobotomisent ... Prémonitoire ?

 

 

La Planète Sauvage (René Lanoux, 1973)

Adapté du roman Oms en série de Stefan Wul (1957)

Elle est peuplée par les Draags, des géants bleus d'apparence amphibienne, qui ont atteint le sommet de la connaissance et de l'intelligence. Ils y vivent dans la paix et l'harmonie. Au ras de terre, les humains. Certains servent de jouets aux enfants, la plupart pullulent à l'état sauvage et sont considérés comme nuisible. Ils doivent faire avec les campagnes d'éradication, comme des rongeurs ou des insectes. Ce film d'animation dessiné par Roland Topor est lent, dépouillé, la faune et la flore d'une grande créativité. Et dans cette société aboutie et à priori parfaite vient les questions de la différence, des droits, des questions apparemment sans fin ... A montrer à vos enfants !

 

1984 (Micheal Radford, 1984)

Adapté du roman du même nom de Georges Orwel (1949)

Quand on parle de futur flippant, on ne peut pas passer à côté de la référence 1984. Le romancier anglais Georges Orwell l'a écrit alors qu'on sortait de la seconde guerre mondiale, qu'on prenait conscience de l'horreur du Nazisme, et en même temps, tout le monde regardait avec crainte vers l'URSS de Staline. C'était les premiers régimes totalitaires qui le terrifiait, alors il a poussé la logique jusqu'au bout. La maîtrise parfaite de l'information et du mensonge, la réécriture permanente du passé, l'intrusion jusque dans la pensée, du matin au soir. Dans le film adapté, John Hurt tousse et traîne sa carcasse désabusée sous la guerre, contre quel adversaire déjà ? sous le flot incessant de statistiques des productions industrielles, sous les aveux des criminels par la pensée. Son amour avec une jeune fille du parti est improbable, il amène de la beauté et de la poésie dans les décombres et le rationnement. Mais partout Big Brother is watching you ! BIG ! BIG ! BIG 

 

Brazil (Terry Gilliam, 1985)

L'évasion dans le rêve et le réel dans un cauchemar de bureaucratie. Le seul fait d'ouvrir la bouche ou de changer une ampoule chez soit requiert des formulaires et l'application de procédures labyrinthiques. Le discret Sam Lowry est un employé modèle du ministère dehttp://img.filmsactu.net/datas/films/b/r/brazil/xl/brazil-affiche-4f47811772ec6.jpg l'information. Une erreur administrative anodine va provoquer une réaction en chaîne et bouleverser son quotidien, car une erreur administrative est impossible. Terry Gilliam, membre des célèbres Monty Pythons qui avaient poussé l'humour anglais à son paroxysme, invente ici un monde aussi absurde qu'implacable et cruel. L'humain est une fiche, sa vie est régie par le ministère dès le lever. On est pas loin du Big Brother de 1984, mais en mode burlesque. Et puis l'inventivité du réalisateur quant aux objets, au mobilier, à l'environnement de Lowry qui n'a pas laissé Michel Gondry de glace ... Il y a un côté année 80 qui a très bien vieilli mais ce film reste un chef d'oeuvre. Pourquoi Brazil, ce nom ? Faut regarder ...

 

Snowpiercer (Bong Joon-Ho, 2013)

Inspiré de la BD Le Transperceneige de Jacques Lob et JM Rochette (1982-83)

La Terre est rentrée dans une longue ère glacière. Ce qui reste de l'humanité vit dans un train qui tourne à vitesse vertigineuse autour de la terre. Quelques nantis vivent confortablement dans les premiers wagons, le reste de la plèbe s'entasse misérablement à l'arrière. Certains sont nés dans le train, d'autres ont connu avant. Lorsque les pauvres se révoltent pour une énième fois, quelques uns vont passer les barrages militaires, remonter le train et découvrir un luxe et un raffinement inédit. Il y a tout dans ce film d'action violent et puissant, le culte du leader, le totalitarisme absolu, l'espoir, le cynisme. Réveillera le héros du peuple ou le dictateur qui dort en vous.

 

 

 

 

 


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