... ou quand deux légendes en reprennent une troisième ...

 

1979, Bob Marley est malade et souffre en silence. Il regarde derrière lui, dépouille totalement son reggae et attrape sa guitare acoutisque pour écrire une des plus belles chansons qui soit, Redemption Song. La rédemption, voilà une notion qui me dépasse, sûrement que l'homme l'ignore jusqu'au dernier moment. Marley sait qu'il va mourir et semble se sublimer, il invite à s'affranchir de l'esclavage mental parce que vous seul pourrez libérer votre esprit. Cela parait tellement impossible qu'on ne saurait même pas comment essayer, mais c'est des paroles si belles, le vieux lion n'a jamais autant paru prophète. Le cancer en viendra à bout quelques mois plus tard.

 

 

Joe Strummer meurt en décembre 2002 d'un accident cardiaque alors que son album Streetcore ne sorte. Dedans, une reprise de Redemption Song qu'on retrouvera sur une vidéo aussi poignante que son interprétation (à voir absolument ici, intégration désactivée sur demande, les salops). On voit les gens, Jim Jarmush, Tim Armstrong et beaucoup d'anonymes, venir voir la façade peinte en la mémoire de l'ex-leader des Clash à New York. Mais plus touchant encore le duo qu'il avait enregistré peu de temps avant avec Johnny Cash, l'homme en noir qui lui ne passera pas une année de plus. Une vieille voix grave, digne et revenue de tout, et une qui commence à râper aussi, mais toujours pleine d'espoir. Là, les mots ne suffisent plus, surtout les miens ...

 

 
Alors est ce que Bob Marley a créé une chanson tellement forte qu'elle terrasse les légendes ou est ce elles, sentant la fin proche, qui éprouvent le besoin de la jouer, et de la magnifier encore ?
 
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