Nina Simone vs Muse

 

"It's a new dawn, it's a new day, it's a new life for me, and I'm feeling good" Se lever et voir un nouvel horizon totalement dégagé en ouvrant les volets, se sentir libre comme le vent, dans une plénitude absolue. Vous avez peut être déjà vécu un moment pareil, moi ça me dit rien. Nina Simone, elle, sûrement. Elle est née en pleine dépression dans l'Amérique encore ségrégationniste et a eu une vie plus dure que quiconque lira ces lignes, aussi quand elle chante Feeling Good en 1965, alors que sa carrière a décollé après des années de galère, ces paroles prennent toute leur ampleur. Sa voix est marquée mais sereine, s'ajoute une orchestration grave, il y a une dimension dramatique dans cette interprétation, comme si ce bonheur inespéré était finalement impossible, en fait utopique. 

 

 

Quand Muse sort son album Origin of Symmetry en 2001, ils sont les chantres d'un rock virtuose et futuriste. C'est une reprise de Feeling Good qui en est extrait en single. Il y a là toute la griffe du groupe, la puissance électrique et le chant à fleur de peau, cette voix toujours forcée, qui jure forcément comparée à cette de Nina Simone. Le morceaux perd d'ailleurs toute son ampleur et une bonne partie de sa substance, comme quoi la fée électricité ne peut pas tout. Qu'est ce qui a poussé Muse a reprendre cette chanson ? Quelle extase ? Quelle plénitude ? Matthew Bellamy a fini Guitar Heroe en mode Very Hard, lui ouvrant ainsi la maitrise absolue de son instrument, l'Olympe de la six cordes ? Je le connais mal et je ne vois que ça. Toujours est il que les raisons qui lui font voir le monde d'un nouvel oeil et l'avenir plein d'espoir ont l'air moins profondes que celle de Nina Simone.

 

 

 

Et oui, on ne peut pas reprendre une chanson intemporelle comme ça, sans avoir de réelles affinités avec elle. Comme Jeff Buckley avec Lilac Wine de la même dame, par exemple.

 

 

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