Est-ce que quand les Clash chantaient Garageland, ils pensaient situer cette contrée en Grèce ? Sûrement pas. Garageland, c'est bien entendu partout et nulle part mais le label Slovenly Recordings nous permet l'instant de quelques écoutes d'apprécier le pays maudit des Dieux de la finance pour une autre musique que le Sirtaki et les chants de tribunes. Les morveux de Acid Baby Jesus et Bazooka ne jettent pas de pierres dans les manifs, ils boivent des bières en regardant passer les filles comme n'importe quel gars d'ailleurs dans le monde occidental. 

  

 

Bazooka - I want to fuck all the girls in my school

Le garage serait depuis toujours l'expression musicale des fantasmes adolescents. Le premier 45 tours de Bazooka serait donc un cas d'école, comme le prouve ce superbe titre et cette non moins superbe pochette. Le morceau éponyme est lent, bruyant, distordu de partout , étouffant comme la frustration du gamin tout dégoulinant du pus qui coule des cratères acnéiques qui marquent le relief chaotique de son visage. Il bout et enrage de l'intérieur en regardant passer les belles plantes au short au ras des fesses qui le snobent négligement en machant leur chewingum. Bazooka se libère pour les deux morceaux suivant, jubilant carrément sur Tingle, le gamin a bien grandit et peut désormais toutes se les envoyer. En écoute chez Bandcamp.

 

Acid Baby Jesus - Self titled LP

Après le premier 45 tours, quand on va vite, on enchaîne avec le premier album, et les Acid Baby Jesus sont de sacrées flèches. Ils ouvrent avec le sordide Tomboy qui pourrait rappeler The Horrors période Strange House, lourd, méchant et arrogant. Mais on se rend compte très vite qu'ils ne sont pas comme ça nos Grecs, c'est plus des tarés à la Black Lips, c'est très clair sur la suite du disque qui avance en trombe. Il y a de la bonne humeur, du je m'enfoutisme par paquet de dix, puis des ambiances plus brumeuses et aussi une grosse dose de folie qui cogne et crie au cas il y en aurait pour les prendre pour de gentils branleurs, voir Homo Sapiens ou Horse. Non c'est du sérieux, de vrais Texans, on a du mal à croire que le cowboy Oh Aurelia ou le rock'n'roll You had it coming aient été écrits au bord de la Méditerranée au pays des olives, c'est la chaleur du sud americain qui tape ici au sommet du crâne, on pourrait très bien être à Austin ou à El Paso. Alors bien sûr on peut leur préférer les originaux US, mais franchement ce disque fait plaisir et accroche comme il faut, il n'est pas parfait certes, mais dans ce cas là la perfection gacherait tout. En écoute chez Bandcamp.

 

 

 
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