(Jagjaguwar - 2013)

 

http://3.bp.blogspot.com/-8W1D70gnTXQ/UQGddKfXRJI/AAAAAAAACWc/6evW5wnoeqo/s1600/Foxygen-We_are_the_21st_century_ambassadors_of_peace_&_magic.jpgLes surdoués ont toujours quelque chose d'irritant, soit parce qu'ils suscitent la jalousie et vous font passer pour une sous merde puits d'ignorance, soit parce qu'ils sont simplement énervant. Si connaître la capitale du Zimbabwe ou toutes les dates des campagnes napoléoniennes à douze ans ne sert qu'à ramasser des claques à la récré, assimiler 40 ans d'histoire du rock et les digérer parfaitement est bien plus utile. En plus, là où un bon élève ne fait que réciter la leçon mot à mot, le surdoué fait de la matière sa chose avec une aisance folle. C'est le cas des deux membres de Foxygen avec un titre qui en impose et rend toute médiocrité impossible : We are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic.

 

Les Californiens ne sont que deux, mais dans ce deuxième album en forme de manifeste pour le retour du peace and love, on entend une foule de fantômes revenus des décennies passées. C'est le Sergent Pepper qui ouvre le bal puis c'est Love, Stuck into Mobile with the Memphis Blues Again de Bob Dylan, puis un piano stonien, les Kinks relocalisés à Frisco, puis des idoles glam et les îcones soul, pour un final de comédie musicale. Oui, il y a tout ce monde là dedans, on peut d'amuser à chercher toutes les influences, mais comme dit en introduction, les surdoués ne récitent pas, ils donnent leur propre version de l'histoire et elle est tout à fait réjouissante ! La pop est rayonnante, la voix douce comme le soleil de printemps, San Francisco amène au delà de tous soucis autres qu'amoureux. Un morceau triste peut exploser dans une allégresse folle, plus contagieuse que la plus vicieuse des fièvres, Shuggie est totalement jouissif. Il y a les montées psychédéliques qui mènent au sommet On Blue Mountain, puis un orage qui porte le nom de l'album We are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic, et là les deux semblent avoir trouver leur limite, la colère du Jim Morrison de Break on Trough, ce qui prouve qu'ils sont humains et qu'ils sont gentils.

 

Dans la sphère musicale, il y a deux sortes de surdoués : ceux qui mettent leur talent au service de la technique, qui peuvent jouer neuf cent notes différentes en une minutes, et ceux qui le mettent dans les climats, les émotions, Foxygen est définitivement de ceux-là. Pourtant, il y avait des doutes, un peu trop de bon presse pour être honnête, un label qui n'a pas toujours tenu ses promesses. Mais faut bien se rendre à l'évidence, ce deuxième album est parfait en tout point, rien à rajouter. Il y aura surement des grincheux pour le trouver trop naïf, oui mais dans ce monde de cynisme absolu, on jette pas encore les rêveurs et les utopistes en taule.

 

 

 

 


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