http://2.bp.blogspot.com/-XKd67hhtLg4/T3CQDI-T87I/AAAAAAAACUQ/RzdNf2nZ5K8/s1600/Django-Unchained.jpgLe prénom Django signifie en gitan celui qui s’éveille, il convient comme un gant à l’esclave qui s’adapte à son nouveau statut d’homme affranchi donc libre. Django Unchained part avec son bienfaiteur le doc King Schultz à la recherche de son amour Broomhilda dont il a été séparé par son ancien propriétaire.

 

Tel est le point de départ du nouveau Quentin Tarantino. A partir de là, c’est du pur Tarantino, ça cause puis ça sanctionne, mais en mieux. Ça parle sans barber comme dans Le Boulevard de la Mort, Christoph Waltz et son langage fleuri était génial en plus d’être horrible dans Inglorious Bastard, là, il est génial tout court en dentiste philosophe chasseur de primes. Leonardo Di Caprio est brillant et féroce en jeune et fortuné propriétaire terrien. Les deux avancent leur phrases comme des pièces dans une partie d'échec. Ça sanctionne comme dans Kill Bill, mais pas à l’arme blanche, au gun. Les effusions de sang sont évidement spectaculaires, environ 15 litres par mort pour crépir les murs. Django porte le même nom que le héros d’un western de Sergio Corbucci, dont Tarantino s’est inspiré jusqu’à emprunter le générique de début. L’énigmatique Django de 1966 traînait un cercueil et sa haine dans un film où les Mexicains et les Sudistes étaient plus cruels, les rires plus  gras, les tirs plus rapides et plus meurtriers, excessif, donc pas étonnant qu’il ait plus à l’autre dingue. Mais ce Django là n’avait plus d’espoir, sa femme avait été assassinée sous ses yeux. Jamie Foxx, le Django de 2013 a toujours de l’espoir, il n’y a pas que la vengeance qui le fait avancer, mettant les grandes plantations de coton à feux et à sang, il y a l'amour aussi.

 

 

D'ailleurs, il  semblerait que le film ait créé une polémique dans des médias toujours plus hypocrites, en effet le mot "nigger" y est prononcé 118 fois ce qui en fait un film raciste. C'est vrai, avant de fouetter un esclave, les gens du Sud disaient "Monsieur l'afro-américain, je suis au regret de vous appliquer un châtiment corporel sûrement douloureux et absolument contraire aux droits de l'homme" plutôt qu'un flot d'insultes. Bien sûr que ce film est très violent, Tarantino a toujours préféré en montrer plus que pas assez dans le domaine, mais depuis deux films, il tourne des scènes qui dissocient le violent et le potache, ce qui du coup est plus choquant. Il y avait les croix gammées gravées sur le front dans Inglorious Bastard, Django Unchained a son quota aussi, ce qui n'empêche pas des pitreries à des moments complètement inattendus.

 

Le réalisateur est désormais sorti de la fiction pure pour revisiter l'histoire à sa manière, et traite des sujets sensibles de façon toujours excessive, manichéenne. C'est construit minutieusement pour mieux exploser. Et c'est du très haut niveau tarantinesque.

 

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