Le 01 janvier 2012, les magasins étaient fermés et pourtant les Palois de But the Planes are not made out of Paper sortaient ce jour là leur premier album This Wolf is afraid of a crowd of Sheep. Ouais ils aiment les titres longs, mais c'est franchement pas la seule raison de s'intéresser à eux. Il y a aussi ces 5 titres entre stoner et psyché, son entrée en matière haute en énergie, cet instru planant, sa puissance, sa finesse, sa maîtrise. Max et Jean Rémi ont bien voulu répondre aux quelques questions de Bang Bang et je les en remercie.

   

 

Un nom de 32 lettres, un EP de 29 min 27, vous êtes plutôt du style à tout faire traîner en longueur ou à avoir la folie des grandeurs ?
JR - Techniquement, ça sort en format album chez A Tant Rever Du Roi, c'est pas vraiment un EP (même si ça devait l'être au début).
MAX - Le temps, les lettres, c'est un peu notre quotidien, et plus que la longueur nous aimons la profondeur des choses.
JR - On laisse les choses venir, évoluer comme elles le veulent. C'est ce qui finit par donner ces morceaux hors format radio. Mais on se retient la plupart du temps de pas faire les choses encore plus longues.

 

Le loup représente le côté obscur du rock, le Black Sabbath & cie, et celui de votre titre est effrayé par un troupeau de mouton, animal qui saute dans le vide dès qu'il a peur … que signifie tout ça ?
MAX - Le loup représente le côté primaire qui nous habite, dans un monde où la simple nature des choses prend une importance vitale. On recherche tellement à être unique, alors que nous sommes assez insignifiant au regard de l'Univers qui nous entoure, que nous en devenons tous pareils, tous des clones à la Dolly, il n'y a souvent que le maquillage qui a changé. Beaucoup se réveillent et guident leur chemin sur des réflexions autres que celles balancées en masse sous les néons de façon soporifique. Nous venons tous du même endroit et, pour la plupart d'entre nous avec la chance d'être valide physiquement, mentalement, quand on regarde le chemin parcouru rien que ça c'est énorme. Nous sommes tous des sanguins, écorchés, la confrontation entre tous ces différents traits de caractères qui nous composent, cet instant précis d'état de conscience, est effrayant. Même un loup a des sentiments. 

 

On entend les Queens of the Stone Age dans vos titres, pas le stoner monstrueux, mais plus le côté rock vicieux. Je suis juste ou vous défendez d'autres influences ou un style personnel ?
MAX - Nous n'allons pas renier nos influences, concernant les QOTSA, ce n'est pas une idée partagée par tout le groupe, heureusement, vous nous retrouveriez vite fait avec une belle laine des Pyrénées sur la peau !
JR - Il faut dire qu'on a 3 fans de QOTSA dont un hardcore dans le groupe. Forcément ça finit par s'entendre. Après niveau influences, ça fait un peu poncif de dire que nous en avons tous de différentes, mais c'est vrai. On est tous assez fan du rock 60/70's avec ses grosses fuzz et ses rythmiques rentre dedans, auquel chacun rajoute des trucs plus personnels. Vince a un jeu influencé par le hardcore ET la soul, Greg est notre guitare hero style "summer of love" revisité par Tool , Cédric aime taper sur sa batterie sans se poser trop de questions, les claviers sont très inspirés à la fois du krautrock, de la drone et des musiques électroniques. Et Max… bah c'est Max. Il veux jamais faire comme tout le monde, donc il a appris la guitare tout seul, sans solfège, sans théorie et sans jamais apprendre à jouer les morceaux des autres. Il en reste un style très personnel qu'on a parfois du mal à suivre, mais à la base de la plupart de nos morceaux.
Donc tout ça mélangé, ça donne une musique un peu hypnotique, forcément très personnelle. J'aime ton mot "vicieux", ça colle parfaitement au rendu des climax de l'album. Un truc hargneux qui va te surprendre par derrière, sans jamais lâcher. Le cri d'une meute de loup, le bruit du désert.
Max - Les montagnes et l'Ocean nous inspirent autant que le désert. Nous sommes donc obligés de créer en fonction de tous, ce qui permet de croiser les idées et au bout du compte de composer malgré nos divers et vastes viviers, une musique qui nous correspond de plus en plus à chaque nouveau morceau. Nous sommes plus dans la subtilité et la finesse, ce qui donne en contrepartie ce côté vicieux aux choses, qui oscille sur 2 mondes en même temps, la lourdeur d'un rock actuel et l'ambiance psyché et primitive qui voyage à travers les âges.

 

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Photo Ronan Guiton 

 

Ce premier disque bénéficie du savoir faire A tant rêver du Roi, ça change quoi ?
MAX - Ça change des choses, en positif. On bénéficie d'une asso qui fête cette année ses 10ans ( festival ATRDR en avril 12 ). Steph Sapanel nous offre la possibilité de poursuivre notre rêve dans un wagon plutôt confortable. Il a cette expérience de musicien ( Calva, Sybil Vane et tout le reste ) et de manager. Il sait vraiment ce dont on a besoin, comme les alternatives pour diffuser une musique qui ne fait pas 3.25 pour un passage radio.
JR - C'est aussi une grande fierté. ATRDR nous soutien et nous suis depuis plusieurs année. Intégrer cette écurie qui défend bec et ongle un rock différent, sans concession, une musique qui explore des chemins sinueux la tête haute, c'est un sacré honneur.
Si ça peux nous faire jouer le plus souvent possible au localypso, moi ça me va. Rien que cette salle dégage une atmosphère unique qui pousse à l'exploration musicale, à donner le meilleur de soi même. Il faudrait en parler de ce lieu, on a la chance d'avoir ça à Pau. A chaque concert il se passe quelque chose de magique, une communion entre le public et les artistes qu'on retrouve très rarement ailleurs.

Des concerts de prévus pour fêter cette sortie ? Vous allez sortir du département un peu ?
JR - Le 3 février à l'Atabal (Biarritz) et le 4 au Localypso (Pau).
Mais si tes lecteurs organisent des concerts et / ou veulent qu'on leur joue à la maison l'album et nos nouvelles chansons, on sera ravi de bouger du département, de la région et même du pays!

 

 

 
Autre chose ?

JR - Ce premier album a été enregistré il y a à peine 8 mois et ne représente déjà plus la musique du groupe. On couché sur la bande nos meilleurs morceaux de ces deux/trois dernières années, mais quand on compare avec notre set d'aujourd'hui, c'est beaucoup moins "deep" (comme ils disent avec la techno). On explore de plus en plus les veines psychédéliques en s'affranchissant de certaines conventions musicales. Bon ok ça fait un peu pompeux de dire ça. En vrai on se prend pas la tête, on est assez prolixe, alors on joue et ça sort comme ça : hop un nouveau morceau mieux construit et encore plus barré!

 

L'album en écoute sur Bandcamp

Le groupe sur Facebook

Le label A tant Rêver Du Roi

 

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