J'aime bien découvrir de nouvelles salles de concerts. La venue de Balthazar à Toulouse est l'occasion d'aller voir le Connexion Café au nom pas très cool. On rentre par deux grandes portes en tôle et accède directement au fumoir fait de vieux canapés et de bidons d'huile. On se dit qu'il doit surement s'agir d'un ancien garage automobile, et pas une concession Merco hein. La salle principale est dans le même style, même mobilier, plafond bas avec des gaines pas vraiment camouflées, quelques carreaux de cuisines sur les murs. Mais sur le côté, le bar est tout en verre ressemble à celui d'une boîte chic. C'est un savant mélange de luxe et de récup, plutôt réussi, pour accueillir des artistes de qualité mais pas assez gros pour aller au Bikini.

 

5758082204_4ea97e5fa8_z.jpg    Balthazar pas du tout à Toulouse, photo Kmeron

 

La première partie est assurée par The Common Diamond, un duo local qui envoie une electro pop délicate, aérienne et ma foi plaisante. Puis rentre sur scène un groupe pas prévu au programme, il y en aura pour se demander si c'était bien Balthazar. Mais c'est leur voisin de The Van Jets. Le chanteur est torse nu dans un fut rouge et maquillé outrageusement de la même couleur. Mi-Marc Bolan mi-Benoit Poelvoorde, ils nous offrent une demi heure de rock glam fier et efficace. Des styles différents mais pas incompatibles, en fait une très bonne mise en bouche pour la suite. Sans parler des bières.

 

Chose rare, les cinq belges commencent le show avec des morceaux du premier comme The Boatman ou Fifty Floors tout en ruptures, idéal pour continuer à faire monter la pression. Quand arrivent les titres de Rats, le violon de la dame se fait plus présent et cette atmosphère mystérieuse s'installe. Les voix se complètent ou s'additionnent pour plus de puissance. Autant le brun vit son truc, autant le visage du blond reste inexpressif, presque flippant avec son regard fixe et noir. Les deux fascinent le public qui se laisse prendre dans ces bourrasques virtuoses. Manque un peu de fumée pour que le tableau soit parfait, mais comme vous savez, ça ne se fait plus par chez nous. Passent donc tous les titres de Rats, juste pour le meilleur, de The Oldest of Sisters à The Man who own the Place, Any Suggestion et sa tempête finale est gardé pour le rappel qui finit par le "Raise your glass to the night" de Blood like Wine et les rires du public. Lèveront leur verre ceux qui comprennent l'anglais et surtout ceux qui en ont toujours un.

 

Voilà, c'était la même impression qu'à leur découverte, classe nonchalante et charme insolant. Pareil mais en beaucoup mieux, plus intense, plus fou, les groupes qui arrivent à ça sont les meilleurs.

 


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