Photo Fabien Maigrat

Photo Fabien Maigrat

En ce 3 Novembre, le Showcase et l'Ampli se sont associés pour accueillir The Legendary Tigerman à la Route du Son. Le félin est le portugais Paulo Furtado, le tigre est un animal solitaire, alors c'est en homme orchestre qu'il apparaît sur scène. Fini le temps où le mec tout seul n'avait que sa guitare en bois et un harmonica à la rigueur, avec le progrès et du talent on peut faire 1000 choses. Le tigre est le roi des prédateurs, il chante des trucs comme "I'm a wild beast" ou "I'm gonna make you mine", et quand il se fait doux, c'est pour mieux vous mordre si vous approchez trop près mon enfant. On parle de blues crade, de rock'n'roll aiguisé et tranchant. Il est rejoint par un batteur, une brute qui ressemble à un Clay Morrow avec 20 ans de moins. Des reprises, She Said de ce dégénéré de Hasilp Adkins, un These Boots are made for Walking qui malheureusement a perdu en route sa légèreté et son charme. On parlait de progrès, derrière se déroulent des films, on y voit des vieilles voitures classes, des tatouages, des filles nues qui jouent aux cartes, et le félin qui rôde, attendant son heure ... clichés ? Hum, pas loin. L'écran en arrière plan servira aussi pour deux duos virtuels, un premier avec Lisa Kekaula des Bellrays et sa voix de tigresse soul, le second pour le seul et unique rappel, un Life ain't enough for You chanté sur l'oreiller avec la vénéneuse Asia Argento.

Le Legendary Tiger Man aura fait souffler un vent chaud et sec sur la Route du Son, ouais, c'était bon de se prendre ça dans la face. Hélas, un lundi, les températures et le jour qui baissent vite, une épidémie de flemme sur la ville, nous n'étions pas nombreux pour en profiter. Les absents ont encore une fois eu tort. Mais bon.

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Deux jours plus tard, direction la Centrifugeuse qui organise une ou deux fois par semestre des concerts gratuits avec des artistes atypiques. La salle de la FAC a pris une configuration inédite, ni fosse ni gradin, mais des chaises pliantes et des tables rondes façon cabaret. Blue Ether rentre en scène. Une musique tourmentée et mouvementée de cordes et de percus accompagnent des poèmes qui ne le sont pas moins, déclamés en rythme saccadés. On y parle d'yeux qui explosent dans la galaxie, de manque qui s'incruste dans la moindre pore de la peau. Un délire pas évident à suivre, mais nous sommes bien arrivé à destination.

L'artiste suivant possède toute une collec' de saxophone, il se nomme Colin Stetson et a enregistré avec quantité de groupes reconnus de Tom Waits à LCD SoundSystem. Ses débuts en solo avaient été acclamés par la face underground de la toile, il a une belle attitude sur scène, mais là, au bout de dix minutes, j'ai senti des pointes s'enfoncer dans mes tympans, ça m'a semblé insoutenable, alors j'ai vite salué tout le monde et ai pressé le pas vers l'extérieur. J'ai apprécié deux secondes le silence de la nuit et suis parti. Désolé.

 

 

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