L'expression "Fils de ..." va un temps, parce que des fois le fils devient plus fameux que le père. C'est peut être le cas de Baxter Dury ? Qui dans la salle connaît Ian Dury, héros new wave de jadis pour plus que son single "Sex and Drugs and Rock'n'Roll" ? Enfant, Baxter a posé à côté de son père sur une pochette d'album, puis au lendemain de la mort de ce dernier, à l'aube du nouveau millénaire, il a sorti deux albums magnifiques, Len Parrot's Memorial Lift en 2002, Floorshow en 2005, dont l'extrait Cocaine Man tournait sur Nova et plus rien. Quand le groupe du fils de votre voisine occupe deux pages de recherche Google avec sa démo deux titres, il n'y a vait rien sur notre homme, pas le moindre article, pas le moindre interview, pas le moindre signe vie jusqu'à la sortie de Happy Soup en 2011, supporté par une promo digne de ce nom. Il y avait quelque chose de miraculeux, on pensait découvrir un pauvre gars rongé par la misère et au contraire, Baxter Dury était un dandy british au large sourire et au charme nonchalant.

 

Aujourd'hui, sort son quatrième album It's a Pleasure, et si vous suivez un minimum l'actualité musicale, vous êtes forcément au courant tant le bonhomme est partout. Avec les artistes anglais, faut souvent voir au delà du premier degré, It's a Pleasure a forcément quelque chose d'ironique. Quand il chante sous les palmiers, ce n'est pas forcément une pub pour l'Office de tourisme de Djerba. En fait la recette est la même que pour le précédent album, finit la grandeur et décadence des années 2000, Baxter Dury fait dans la petite pop minimaliste, simple et touchante, une pointe de mélancolie aigre douce, un peu de détachement dandy, un accent so british,  une gros pincée de nonchalance. Il y a toujours cette boîte à rythme. Il y a toujours ces duos qui fonctionnent bien cette fois ci avec Fabienne Débarre de We are Evergreen, non elle n'est pas à côté de Baxter sur la pochette, ça c'est un cygne. Elle est plutôt jolie, sa voix est douce, un peu à l'opposé de celle du patron qui des fois parle plus qu'il chante. La recette est la même, mais le goût est un peu différent, moins savoureux, plus fade, par exemple le final clubbing de Whispering façon UK 90's, c'est moins prenant que le Leak at Disco du dernier album. Si le charme opère moins, c'est que le disque paraît vite fait, peut être un abus de talent facile. Et puis on sent quand même une pointe de morosité ça et là. Alors le large sourire affiché cacherait quelques vagues à l'âme ?

 

En tout cas, ça ne l'empêche pas de trimbaler sa bonne tête et son flegme d'interviews en plateaux télés. Sa couverture médiatique est inversement proportionnelle à la qualité de ses albums. On va pas lui reprocher de récolter aujourd'hui les louanges qu'il aurait mérité il y a dix ans. Comme on ne peut reprocher à personne d'être sous les palmiers plutôt que la tête dans les toilettes. On conseillera juste aux nouveaux arrivants de jeter une oreille à ses albums précédents.

 

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